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     PREMIER RASSEMBLEMENT DES MILLEVACHES
 
         
     La neige était là…
 
 
    le point de vue de l’organisateur
 
 
     Ce premier regroupement aura été marqué par des conditions atmosphériques très rudes qui ont permis de tester la préparation des machines, la ténacité des pilotes et la  tenue de l’organisation.
 
     Comment vint l’idée des Millevaches. Depuis quelques années, les motocyclistes français vont, de plus en plus nombreux, aux Eléphants ou se lancent sur les routes anglaises pour les Dragons. Il est donc certain qu’il existe une catégorie de motards pour lesquels rouler l’hiver ne présente pas de problème, et bien au contraire un certain charme et agrément. De plus, l’idée en France des concentrations est régie par un certain rigorisme et des règlements de clubs (contrôle obligatoire, compétitions de coupes, participation des quatre roues, etc…) Résultat ? Fréquentation peu élevée et régionale. Prenons notre Chamois, la seule concentration libre internationale qui connaisse le succès qu’elle mérite, avec une ombre cependant, le nombre élevé d’accidents jugés graves.
 
Il manquait donc, en notre terre gauloise, une concentration libre hivernale, et internationale. L’idée germa, pour aboutir à ce qui suit.
 
Donc, de la neige, beaucoup de neige, tempête et bise glaciales, verglas, de quoi réjouir les motards “vicieux”, ou faire frémir les bons bourgeois bien calfeutrés dans leurs automobiles ou auprès de l’âtre. Un temps donc qui permit d’effectuer une sélection naturelle parmi les rangs nombreux des motards venus des quatre coins du territoire. J’estime que 250 motos arrivèrent au pied du plateau des Millevaches, 106 machines réussirent à gravir la route de crête et purent se faire inscrire durant les deux journées.
 
Une forte majorité de motos solos était présente, du cyclomoteur au gros cube. Des side-cars complétaient le tableau. Quelques “éclaireurs” étrangers parvinrent à destination, et se chargèrent de colporter dans leurs pays respectifs l’aventure et le souvenir de leur “1er Millevaches”. Deux attelages anglais (1000 Vincent et Vélocette), dont l’un venant d’Ecosse, parvinrent non sans déboires parmi nous, heureusement aiguillés sous la houlette toujours très sympathique de J.M. Debonneville pilotant son “Volkswagen BMW”. Une moto solo autrichienne et un attelage allemand complétaient la participation étrangère.
 
Il est temps de voir mon expérience personnelle et l’organisation ratée de A à Z, bien que celle ci ne comportait que l’accueil au Mont Audouze, le fléchage pour y parvenir, la descente sur Meymac aux flambeaux, et le dimanche, le circuit touristique. De tout cela, rien ne put se faire. J’étais pourtant bien parti, le vendredi à 2 heures du matin, avec une bonne équipe de motocyclistes devant m’aider à l’organisation. A l’arrivée sur le plateau je me retrouvai seul avec mon attelage et mes deux passagers, en fin d’après midi, sous une tempête de neige. La pauvre BMW, bien essoufflée, couverte de neige gelée, les garde-boue remplis de glace bloquant les roues, l’allumage des cylindres problématique à force de fendre en deux les congères de poudreuse.
 
 La nuit était tombée, bien noire, les bourrasques de flocons nous aveuglant, se collant après les lunettes et la barbe, s’infiltrant partout. Il fut jugé préférable de remettre l’édification de la tente contrôle au lendemain. Retrait stratégique en l’hôtel de Saint Setiers, où mon équipe me rejoignait dans la soirée avec des fortunes diverses : moteur explosé, roues bloquées, chutes, et bien d’autres joyeusetés.
 
Samedi matin, bilan : un seul side-car, le mien, quelques motos solos dont certaines abandonnées à quelques kilomètres contre un sapin, et beaucoup de neige. Dépannage, corvée de bois (le tracteur et sa remorque, contenant quelques stères de bois, n’ont pu arriver à destination) et bientôt un bon feu crépite au Mont Audouze. Un premier side-car pointe le bout de ses trois roues. La neige se remet à tomber, il est treize heures et l’on décide d’aller se restaurer. Une heure plus tard, on ne voit plus à vingt mètres, tellement les flocons tombent denses. Des motos arrivent. Les Anglais tentent d’atteindre le sommet du Mont Audouze pour installer leur campement,  s’enlisent dans la neige et les congères et rebroussent chemin. Le feu de camp s’étouffe. L’O.R.T.F. arrive pour son film. Je décide, devant l’impossibilité d’installer notre contrôle, de nous transporter à Meymac, où le Syndicat d’Initiative nous a fort obligeamment prêté la grande salle de réunion de la Mairie.
 
L’O.R.T.F. nous suit et en profite pour faire ses prises de vue et ses gros plans. A Meymac, un semblant d’organisation permettra de recevoir les motards ayant réussi à passer à travers la tourmente et de leur donner leur plaquette. Pas de retraite aux flambeaux : ceux-ci sont en perdition dans le nez d’un side-car en panne jusqu’au bout !…
Avec quelques sides, les solos n’en voulant plus, l’on effectue le tour de la ville pleins phares, la Gendarmerie nous prête son concours.
 
Dimanche, repli sur Saint-Setiers, petit village le plus proche du Mont Audouze. Il a fait – 18° dans la nuit, où quelques courageux campeurs ont résisté à l’assaut conjugué de la tempête et du froid glacial. Bravo !
 
Belle matinée qui permet à la foule de motos piaffant dans les villes, aux alentours du plateau de Millevaches, de tenter son ascension et de parvenir, avec plus ou moins de bonheur, au pointage.
 
Quant au retour, il suffit d’imaginer mes déboires personnels pour juger de la rentrée de chacun dans ses foyers. Départ dimanche après-mici… et arrivée lundi soir 21 heures à Paris, en ayant roulé toute la nuit et après de nombreuses pannes, crevaisons et début d’incendie à bord…
 
Les solos, quant à eux, leurs patrons respectifs ne les revirent à la tache que le mercredi ou jeudi pour certains.
 
Conclusions  : Une réussite pour la première année. Beaucoup de motards se sont déplacés. Des conditions météorologiques qui ont exaucé mes voeux les plus chers. Une organisation à revoir très sérieusement. Une ambiance et une camaraderie à toute épreuve, qui a permis de nous regrouper autour de notre passion commune : la moto. Donc, amis motocyclistes, à l’année prochaine, premier week-end de décembre, pour que vive le 2ème rassemblement de Millevaches.
 
 
Michel PERDRIX